La Maison de la Chasse veille sur la faune

8 septembre 2011

maison-de-la-chasse-3L’ouverture annuelle de la chasse aura lieu le 25 septembre en Ille-et-Vilaine. L’occasion pour les 14.500 chasseurs du département de se retrouver fusil à l’épaule. Portrait d’un loisir très nature, avec la Maison de la Chasse, sise sur le Val d’Ille, à Saint-Symphorien.

Fini l’été et la saison de reproduction pour les animaux sauvages. Place à l’automne, ses feuilles qui tombent et son air humide… Un moment qui ravit les chasseurs sachant chasser ! Car à partir du 25 septembre, la préfecture d’Ille-et-Vilaine autorise de nouveau la chasse, pour une période de cinq mois (jusqu’au 28 février). Cinq mois de bonheur pour quelque 14.500 passionnés de nature et de découverte à travers le département.

Le chiffre est recensé par la Fédération départementale des chasseurs, dont le siège se trouve sur la Communauté de communes du Val d’Ille, à Saint-Symphorien. C’est en effet la Maison de la Chasse qui gère cette activité en Ille-et-Vilaine, grâce à une quinzaine de salariés, installés dans une ferme rénovée sur un parc de 22 ha. « Nous apportons aux adhérents l’ensemble des services liés à la pratique de la chasse », explique Yves Desmidt, directeur de la fédération. « Nous avons un rôle d’information, nous assurons le suivi technique des populations de gibier et la sauvegarde des animaux sur le territoire. Enfin, nous formons au permis de chasse« .

Permis obligatoire

Car avant de se lancer, il faut être titulaire d’un permis, obligatoire depuis 1976. La Maison de la Chasse fonctionne donc un peu comme une auto-école : elle délivre les cours de théorie et de pratique à 230 candidats chaque année, avant de s’en remettre à un examinateur extérieur qui délivrera ou non le titre, valable ad vitam aeternam. « Nous n’avons pas de système de permis à point », sourit le directeur de la Fédération ! Par contre, l’examen soumet le futur chasseur à des questions qui peuvent être éliminatoires. « Tout ce qui est lié à la sécurité, notamment, peut recaler un candidat s’il ne répond pas correctement », souligne Yves Desmidt. Il s’agit en effet de diminuer les risques d’accident de chasse, qui sont passés de 40 morts par an en 1980 à moins de dix aujourd’hui, sur l’ensemble de la France.

La Maison de la Chasse intervient d’ailleurs auprès du Préfet en matière de sécurité, pour ajouter quelques points au règlement obligatoire : « Nous exigeons que tous les chasseurs portent un gilet orange lors des battues collectives », cite à titre d’exemple Yves Desmidt. Ailleurs en France, la loi insiste juste sur une marque de couleur, qui peut être simplement un bandeau orange autour du bras ou sur une casquette.

Surveillance de la faune

Parmi ses missions d’information, la Maison de la Chasse indique également la conduite à ternir pour la venaison. « Quand on tue un sanglier, le groupe de chasseur doit être composé d’un membre formé à détecter la qualité de la viande et les maladies », explique le directeur. Un rôle d’autant plus important que la chasse du gibier a augmenté considérablement en trente ans. Les chasseurs tuaient entre 30 et 40 sangliers dans les années 80, alors qu’ils peuvent en tuer 1.800 aujourd’hui ! L’explication ? Non pas un acharnement sur cette population, mais une nouvelle façon de chasser.

« Avant, on chassait sans réfléchir, car les milieux étaient très producteurs, précise Yves Desmidt. Il y avait des lapins et des perdrix partout. Or, avec l’évolution des techniques agricoles notamment, il y en a eu moins. Nous avons le devoir de gérer et de maintenir les populations animales ». Cela commence avec un comptage des reproducteurs entre février et mars de chaque année, afin de décider des espèces à chasser et surtout en quelle quantité. La Maison de la Chasse informe également la préfecture d’éventuelles maladies repérées sur les animaux. Dans certaines zones du département, des espèces peuvent ainsi être interdites à la chasse.

Chasser peut aussi permettre de faire vivre en harmonie chasseurs et agriculteurs. « Nous les informons, par exemple, que de trop grandes parcelles limitent le nombre de bordures des champs. Or c’est là que se plaisent les perdrix », fait remarquer Yves Desmidt. « Nous les incitons aussi, tout comme nous le faisons auprès des collectivités, à entretenir les haies, replanter des arbres… En parallèle, les agriculteurs peuvent avoir besoin des chasseurs pour tuer des sangliers en quantité suffisante pour qu’ils n’abîment pas les surfaces agricoles. À nous de définir les limites ».

Les chasseurs peuvent donc aujourd’hui partir en quête de multitudes d’espèces, avec des périodes de chasse à respecter pour chacune. Parmi les petits gibiers, on trouve dans nos contrées des lièvres et perdrix à chasser jusqu’à la mi-décembre, mais aussi des lapins et autres faisans (autorisés jusqu’au 9 janvier). Les migrateurs font aussi un passage chez nous et sont très appréciés, comme les pigeons ramiers (120 à 150.000 prises par an), les canards ou les bécasses. Côté gros gibiers, on tue environ 13.000 renards et 3.500 à 4.000 chevreuils pendant les cinq mois d’ouverture de la chasse, sur le département. Il y a donc de quoi faire pour les chasseurs, qui vivent « de loisir et du rêve d’attraper quelque chose ».

Moins d’adeptes

Pourtant, la passion a tendance à moins attirer. « Cela s’explique notamment par la dispersion des passe-temps chez les jeunes », constate Yves Desmidt. « Avant, c’était un loisir rural comme la belote ou le football. Avec le développement des moyens de transport, les jeunes vont faire autre chose dans les villes ». On trouve toutefois plus de femmes à passer le permis de chasse (5%) et « cela ne choque plus personne ! ». Voilà une preuve que ce loisir évolue. « L’intégrisme anti-chasse n’est plus de bon ton. Et je crois à la chasse car, contrairement à ce qui peut se dire, il y a de plus en plus de faune sauvage ».

Une faune et un environnement que la Maison de la Chasse a à cœur de faire découvrir, notamment aux enfants. Elle propose des visites pour les scolaires autour des empreintes d’animaux, de la mare aux grenouilles, de la chaîne alimentaire… « Plus on fera aimer la nature, plus on la fera respecter ».

Virginie Monvoisin

À noter : La Maison de la Chasse, Beauregard, Saint-Symphorien. Tel : 02 99 45 50 20. Cotisation annuelle départementale donnant le droit de chasser : 65 euros. Coût du permis de chasse : 90 euros.

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