En 2008, la « Jeanne d’Arc de Melesse » veut prendre un coup de jeune

1 janvier 2008

fanfare-4Très en vogue dans les années d’après-guerre, les fanfares se font aujourd’hui plus rares. L’une d’entre elles a réussi à garder le cap : la « JA de Melesse ». Créée en 1947, elle compte vingt-cinq membres, dont la moitié est fidèle depuis le début. Mais la fanfare aimerait recruter des jeunes. Avis aux amateurs !

Fanfare… Le mot évoque tout de suite la fête. Lors de commémorations ou d’événements populaires, elle tient une place des plus importantes : elle crée une ambiance musicale, « qui rehausse l’événement », précise Joseph Rolland, secrétaire adjoint de la Jeanne d’Arc de Melesse. Toujours active, cette fanfare a été créée en 1947, juste après la Deuxième Guerre mondiale, « pour occuper les jeunes », raconte Joseph Denis, président de l’association. « Á l’époque, très peu d’activités sportives ou culturelles étaient proposées à Melesse. Alors, l’abbé Daugan, instituteur de retour des camps, a eu l’idée de mettre sur pied une fanfare ».

La première sortie officielle de la « JA » a lieu le 8 mai 1948. Telle est, en effet, la raison d’être d’une fanfare : accompagner, en uniforme (chapeau et chemisette l’été, blaser et béret l’hiver), les cérémonies du souvenir et les grands moments de la vie d’une commune, en défilant parmi la foule. Du 14 juillet au 8 mai, en passant par le 11 novembre, la fanfare est sollicitée. Seul groupe encore en activité dans le secteur, la Jeanne d’Arc intervient à Melesse, mais aussi dans les communes environnantes. « En 2007, nous avons effectué dix-huit prestations », précise Joseph Denis. Toutes ne sont pas liées à des commémorations. La fanfare joue aussi lors d’événements comme le Téléthon, la Sainte-Barbe, les feux d’artifice, les braderies et inaugurations. Fin janvier, par exemple, elle donnera une prestation en faveur des Restos du Coeur, à Rennes.

Tous bénévoles, les membres de la fanfare ne sont pas rémunérés, mais l’association touche parfois un petit cachet, pour ses frais. Leur intérêt n’est donc pas la reconnaissance, mais plutôt de donner un éclat aux cérémonies. « Appartenir à la fanfare permet aussi de maintenir une motivation culturelle et intellectuelle à notre retraite », considèrent les membres, favorables au maintien d’un lien social fort dans les petites communes. Il faut dire que la plupart sont des retraités, dont la moitié est là depuis le début. « Nous étions alors ce que l’on appelle une clique », se souvient Joseph Denis. « C’est-à-dire que notre groupe était formé uniquement de tambours, caisses et clairons ». Puis, progressivement, l’harmonie apparaît avec l’introduction d’instruments comme le bugle, le piston et l’alto. « Á ce moment-là seulement, nous sommes devenus une fanfare au sens propre ». C’était au début des années cinquante. La JA connaît alors ses plus belles heures, avec une cinquantaine de membres.

Mais, dans les années 80, faute de musiciens, la fanfare doit se mettre en sommeil. Il faut attendre 1997 et les 50 ans de la JA pour que la fanfare retrouve une activité. Remotivés par deux anciens restés fidèles aux sonneries commémoratives, les autres gais lurons de la troupe se réunissent à nouveau. Il faut dire que les fanfares connaissent une deuxième jeunesse depuis les années 90. Grandes écoles et festivals, par exemple, créent leurs propres fanfares. Dans les communes, on aime retrouver cet esprit de fête, par l’intermédiaire d’un groupe d’amateurs qui joue des airs connus au milieu de la foule. C’est le retour aux valeurs traditionnelles et le renouveau des musiques populaires.

Aujourd’hui, pour ne pas s’endormir sur ses lauriers, la JA aimerait recruter de jeunes musiciens.  Mais attention, préviennent les doyens, « la fanfare, ce n’est pas un groupe de jazz ! Pour en faire partie, il faut aimer jouer ensemble, se déplacer et vouloir agir pour la bonne cause ». L’équipe a déjà accueilli un jeune joueur de tambour, âgé de douze ans, « ainsi que des jeunes retraités, ce qui fait baisser la moyenne d’âge ! ». C’est dans cette même optique que la fanfare a commencé à créer un lien avec l’école de musique « Allegro », du Val d’Ille. « Une fois par mois, nous répétons avec eux, et nous espérons susciter des vocations ! », indique Joseph Denis, qui aimerait que la fanfare se pérennise. Lors de ces temps forts, les instruments de la fanfare se mêlent à ceux de l’école de musique (flûte traversière, trombone, batterie, synthétiseur…), pour créer une harmonie différente, et mélanger les styles et les âges.

Car dans une fanfare, les instruments de musique sont très spécifiques et limités. On y trouve essentiellement des cuivres, des percussions et des bois. Ainsi, la Jeanne d’Arc est composée de cinq tambours, une grosse caisse, une cymbale, huit clairons (parfois remplacés par des cors de chasse ou des trompettes de cavalerie), deux clarinettes, un baryton, deux bugles et cinq trompettes harmonie. Tout ce petit monde se réunit une fois par semaine pour répéter. Au répertoire : des sonneries officielles, comme la Marseillaise, le Chant des Partisans, la Sonnerie aux morts, mais aussi des hymnes (européen, espagnol…), des morceaux dédiés aux défilés (Marche anglaise, Gloire aux Celtes, Le Téméraire…) ou aux aubades (Amazing Grace, ballade nord-irlandaise, Etoile des neiges…). « Nous apprenons toujours de nouveaux morceaux », raconte Joseph Rolland, clarinettiste. « Et lorsque nous jouons avec les jeunes de l’école Allegro, nous nous aventurons même dans l’apprentissage de musiques de film ». La fanfare se renouvelle donc sans cesse. Mais comme la musique ne s’improvise pas, Jean Louapre (chef de musique), vient entraîner la troupe régulièrement pour la faire progresser. « Nous nous mettons maintenant aux musiques de rue et à la samba ! ». Trois, quatre, musique !

 

Contact : Joseph Denis au 02 99 66 16 88.

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