À La Mézière, la boxe thaï fait des émules

8 décembre 2011

mu-tahi-equipeConsidérée comme un sport national en Thaïlande, la boxe thaï ou « muay thai » est la forme de boxe la plus pratiquée dans le monde. Importée en Europe au début des années 80, elle s’est rapidement développée et connaît aujourd’hui un véritable engouement en France. À La Mézière, un club a ouvert ses portes la saison dernière. 

Le président-entraîneur du « Naga Muay Thaï » ne s’attendait pas un tel succès. Ouvert depuis septembre 2010, le club de La Mézière compte déjà 55 licenciés, dont une dizaine de compétiteurs. « J’espérais avoir 15-20 personnes, je suis agréablement surpris. Pour un petit bourg de 4000 habitants, c’est plutôt pas mal !« . Originaire de Saint-Malo, Jérôme Juin s’est installé à La Mézière il y a un peu plus de deux ans. Adepte des sports de combat, cet ancien compétiteur en boxe anglaise, kick boxing et muay thaï avait envie de continuer à pratiquer et de transmettre sa passion pour la boxe thaïlandaise : « Je suis passé à l’enseignement tout naturellement« , confie-t-il. Diplôme fédéral de second degré en poche, il s’est lancé et a ouvert son propre club.

Pourquoi un tel engouement ? Parce que le muay thaï est considéré comme la reine des boxes pieds-poings. Créé pour les militaires thaïlandais au XVIe siècle, il fut d’abord une technique guerrière de combat rapproché, avant de devenir un sport populaire, pratiqué par toute la société thaïlandaise au 18e siècle. Il fit même partie de l’éducation des jeunes jusqu’en 1920, mais la fréquence des blessures obligea les autorités à l’interdire. Des règles furent alors établies et, en 1930, le muay thaï réapparut, empruntant à la boxe anglaise ses principales règles de compétition (ring, gants, catégories de poids, etc.).

Deux poings, deux coudes, deux genoux, deux tibias : huit possibilités. Le muay thaï associe des techniques très anciennes de coups de pied (coups circulaires pour repousser l’adversaire), de genou (surtout utilisés dans les corps à corps) et de coude (autorisés seulement dans certaines compétitions professionnelles), avec les coups de poing de la boxe anglaise. Les combats se déroulent sur un ring, en cinq reprises de trois minutes, avec deux minutes de pause entre chaque round. Les boxeurs portent des gants et un short, mais ils sont pieds nus.

Le muay thaï est un sport très complet, dont les bienfaits sont aussi bien physiques (assouplissement, entretien et développement cardiaque et musculaire) que mentaux (évacuation du stress, respiration, relaxation, confiance en soi, amélioration de la concentration). Ouvert à tous, aux hommes comme aux femmes, il peut se pratiquer dès le plus jeune âge (section éducative), en loisir comme en compétition. À La Mézière, trois entraînements par semaine sont proposés les lundis, mercredis et vendredis soir, pour tout niveau : « J’adapte mes cours en fonction des élèves présents », précise Jérôme Juin.

Le jeune club est très prometteur. En fin de saison dernière, Eva Lorgeré (25 ans) est devenue championne de France en assaut, et Cheyenne Bouillon (14 ans) s’est retrouvée en finale. « Cette année, ça repart sur de très bonnes bases », se réjouit l’entraîneur. En effet, le 22 octobre dernier, quatre élèves du club se sont brillamment illustrés aux Championnats de France, à Paris : Ludovic Thébault (24 ans) a remporté la coupe de France en combat, Charly Anneix (15 ans) a été vainqueur en assaut, tandis que les jeunes pousses Tristan Naillon (9 ans) et Jocelyn Tizon (10 ans) se sont inclinés en finale assaut. Quelques jours, plus tard, Baptiste Pirot, décrochait la coupe de Bretagne en combat. Et les performances continuent… Preuve que les entraînements sous la houlette de Jérôme Juin sont efficaces !

Pour aller plus loin, le club a accueilli, du 22 octobre au 6 novembre, Darith Ung, instructeur international en Bokator, n° 3 mondial de la discipline, venu spécialement du Cambodge pour animer des stages en France. « Le Bokator, c’est l’ancêtre de la boxe thaï et de toutes les boxes du sud-est asiatique », explique Jérôme Juin. « C’est l’art guerrier, qui se pratique sans gants. C’est plus complexe que la boxe thaï, qui en est l’adaptation sportive ». En effet, le Bokator est un art martial ancestral, datant de l’empire Kmer (il y a plus de 2000 ans), qui possède plus de 10.000 techniques différentes ! Les combattants utilisent les pieds, les poings, les coudes, la tête et différentes armes telles que l’épée courte, le fléau et le krama. « C’était l’occasion pour moi et mes élèves de découvrir l’ancêtre de la boxe thaï et d’apprendre de nouvelles techniques ». Une expérience enrichissante que Jérôme Juin, devenu ambassadeur du Bokator sur la Bretagne, a bien l’intention de renouveler !

Joëlle Le Dû

 

•Inscription pour l’année (assurance comprise) : 135 euros, réglable en trois fois. Renseignements : 06 32 00 03 32.

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