L’Ille et l’Illet sous haute surveillance

10 juin 2009

lillet-elusDepuis mars, des travaux d’entretien et de restauration sont en cours sur l’Ille, l’Illet et leurs principaux affluents. Piloté par le Syndicat intercommunal du bassin versant de l’Ille et de l’Illet, dans le cadre d’un contrat avec le Département et l’Agence de l’eau, cet important programme va s’étaler sur cinq ans. 

Serpentant entre prairies et cultures, plaines et forêts, villes et villages, l’Ille, l’Illet et leurs affluents façonnent nos paysages et irriguent nos communes. Ces cours d’eau constituent un patrimoine naturel que chacun apprécie et utilise de multiples façons : pêche, promenade, activités nautiques, captage à usage domestique, alimentaire… Mais l’activité humaine, les pratiques agricoles, les aménagements, l’entretien drastique ou le manque d’entretien ont des impacts qui perturbent l’équilibre des écosystèmes, menacent la qualité de l’eau, modifient son régime d’écoulement (risques d’inondations)…

Pour être cohérente et efficace, la gestion des rivières doit être appréhendée à l’échelle du bassin versant, c’est-à-dire du périmètre où convergent toutes les eaux de pluie qui alimentent le réseau hydrographique. Ainsi, le bassin versant de l’Ille et de l’Illet couvre une surface de 480 km2 et représente 447 km de cours d’eau. Il concerne 7 intercommunalités, 9 cantons et 35 communes, soit environ 90.000 habitants.

Le syndicat intercommunal du bassin versant de l’Ille et de l’Illet a été créé en mai 2004, tout d’abord pour engager des études visant à une meilleure connaissance du patrimoine hydraulique et des milieux aquatiques. Puis, en 2007, il a étendu ses compétences aux travaux et à toute action contribuant à la reconquête de la qualité de l’eau. Basé à Saint-Aubin-d’Aubigné, il regroupe actuellement 24 communes (dont 6 sur le Pays d’Aubigné et 5 sur le Val d’Ille), bientôt plus, puisque deux communes au moins sont sur le point d’adhérer. « Le Syndicat est un organisme très fédérateur. Son rôle est de créer de la cohérence sur le bassin versant, dont la réalité géographique dépasse les périmètres administratifs. Les communes l’ont bien compris, celles qui n’avaient pas encore adhéré sont sur le point de le faire », souligne le président, Rémy Bourges, maire de Dingé.

Après avoir mené une étude hydraulique et qualitative sur l’ensemble du bassin versant, le Syndicat intercommunal a signé son premier Contrat restauration-entretien de cours d’eau avec l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne et le Conseil général d’Ille-et-Vilaine, le 16 octobre 2008. Dans ce cadre, un important programme de travaux a été lancé, début mars, sur l’Ille, l’Illet et leurs principaux affluents : 368 kilomètres de berges vont ainsi faire l’objet d’une intervention d’entretien et de restauration, sur une période de cinq ans (2008-2012).

Pour piloter les opérations, une animatrice a été recrutée, le 23 février dernier. Fanny Dubeau est chargée, notamment, du suivi des travaux sur le terrain. « Ce sont des interventions légères. Il n’y a pas de curage de cours d’eau », précise l’animatrice. Le président Rémy Bourges confirme : « Surtout pas de pelleteuse dans les cours d’eau, ce temps-là est fini, il y a déjà eu trop de dégâts !« .

Depuis le mois de mars, deux entreprises spécialisées (Veillaux de Tremblay et Dervenn de Mouazé) interviennent donc sur les cours d’eau, en étroite collaboration avec la Fédération départementale des AAPPMA (associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique) et l’ONEMA (office national de l’eau et des milieux aquatiques) : entretien sélectif de la végétation des berges, lutte contre les plantes envahissantes, suppression d’abreuvoirs dans le lit des cours d’eau, réfection et protection des berges par techniques végétales, amélioration et diversification des habitats piscicoles, suppression d’obstacles à la migration du poisson… Ces travaux s’effectuent dans le cadre d’une déclaration d’intérêt général, avec un souci constant de respect de l’environnement et des milieux aquatiques, en concertation avec les propriétaires riverains, qui se trouvent ainsi soulagés de leur obligation d’entretien.

Ce programme, dont le coût global s’élève à 1. 668 000 euros TTC,  est financé à hauteur de 80 % par l’Agence de l’Eau et le Département. À ces subventions, s’ajoute une aide de la Fédération départementale des AAPPMA, ce qui ramène la participation financière des communes à 1 euro par habitant pour ces travaux de restauration. « C’est une participation assez faible, du fait que l’on couvre une partie de la Ville de Rennes », note  le président.

En parallèle, deux nouvelles études, complémentaires au Contrat restauration-entretien, ont été lancées début 2009 : une étude sur la qualité de l’eau et une étude sur le bocage, dans le cadre du programme européen Breizh Bocage. Le but de l’étude qualitative est de repérer les « points noirs » sur le bassin versant, afin de proposer des actions correctives. « L’indicateur, c’est la population piscicole. Ça révèle plein de choses, en fonction du type de poissons, de leur taille, de leur quantité… ». Le Syndicat travaille donc en partenariat avec l’ONEMA, qui effectue des diagnostics réguliers par le biais de pêches électriques. L’étude bocagère, quant à elle, a pour but de recenser le bocage afin de déterminer les secteurs prioritaires à replanter. En effet, la reconstitution de haies permet de créer des filtres et de réduire les transferts de polluants d’origine agricole vers les eaux.

Après cette phase d’études, le Syndicat devrait signer, vers la fin de l’année, un contrat de bassin versant avec la Région et l’Agence de l’Eau, ce qui permettra de lancer de nouvelles actions. « Là, on est sur un objectif plus global. On ne raisonne plus uniquement en cours d’eau, mais en masses d’eau. Car la qualité d’un cours d’eau dépend de ce qu’il y a autour », explique Rémy Bourges.

En effet, la reconquête de la qualité de l’eau passe par l’amélioration du fonctionnement naturel des cours d’eau, mais aussi par la protection des zones humides, l’amélioration des dispositifs d’assainissement, la gestion des eaux pluviales, la réduction des pollutions… Des actions qui ne pourront être menées qu’avec la participation active de tous les acteurs concernés. Au-delà des moyens mis en œuvre, l’objectif du Syndicat est d’atteindre le bon état écologique de l’eau et des milieux aquatiques pour 2015, conformément à la Directive-cadre européenne.

Joëlle Le Dû

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

N°143 – Avril-Mai 2014

Lire le dernier numéro

15.000 exemplaires
Édité depuis août 2000

Archives

Infos minute

Délai supplémentaire pour l’enquête auprès des ménages

Une étude pour la mise en place éventuelle d’une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (O.P.A.H.) est en cours sur le territoire de la Communauté de…

lire »

L’Espace Info Energie : un service 100% gratuit

Les particuliers qui souhaitent obtenir des informations sur les économies d’énergies et les énergies renouvelables peuvent désormais appeler gratuitement leur espace Info-Energie au 0805 203…

lire »

Un nouveau Programme local de l’Habitat

Après un an de travail et de concertation, le conseil communautaire du 25 février a définitivement approuvé le 2nd Programme local de l’Habitat (PLH) du Val…

lire »

Casting ados

URGENT ! Casting ados Casting ados pour « West Coast », long métrage de Benjamin Weill dont le tournage aura lieu cet été en Bretagne. La production recherche…

lire »

Rencontre de lecteurs

La Communauté de communes du Val d’Ile organise, le 8 février à 15h, à la médiathèque de Melesse, une rencontre de lecteurs pour parler des…

lire »