Ils ont terminé le mythique 100 km de Millau !

8 novembre 2011

medaillemillauUn petit groupe de cinq coureurs à pied de Saint-Aubin d’Aubigné a emprunté le minibus communautaire pour aller repousser ses limites. Il a participé au « 100 km de Millau » en septembre. Une course mythique qu’ils ont tous terminée. Retour sur leur expérience. 

Qui a dit que la course à pied c’était de la rigolade ? Attention, le jogging du dimanche matin en une demi-heure ce n’est rien comparé aux 100 km de course qu’ont avalés cinq membres des Foulées Saint-Aubinoises ! 100 km, oui, et pourtant, ce ne sont pas des super-héros, juste des passionnés de course à pied, qui ont relevé le défi, en ce 24 septembre dernier. D’après eux, ce n’est qu’une question d’entraînement, et de motivation. N’empêche ! Chapeau bas.

Jean-Marie Chrétienne, Christian Brière, Bernard Jouffe, Nanou Jouffe et Gérard Mareau ont participé à la course du 100 km de Millau, dans l’Aveyron (région Midi-Pyrénées). Une course à pied de 100 km, comme son nom l’indique, ouverte aux plus de vingt ans, que l’on soit amateur ou compétiteur. La course a la particularité de s’effectuer dans un style libre sur routes goudronnées, dans un délai maximum de 24 heures. Le circuit est composé d’une première boucle allant de Millau à Millau, longeant le Tarn et passant sous le célèbre viaduc. Elle correspond à la distance exacte du marathon, soit 42,195 km. Certains s’arrêtent à ce défi déjà conséquent. D’autres, et c’est l’intérêt de la course, poursuivent l’épreuve pendant encore près de 60 km. Cette deuxième partie est composée d’un aller-retour entre Millau et Saint-Affrique, avec un double passage sous le viaduc de Millau. Parmi les 3.200 inscrits pour cette quarantième édition (c’est un peu plus qu’une année classique, qui fait venir environ 2.000 coureurs), 500 n’ont fait que le marathon. Les Saint-Aubinois, eux, ont poussé jusqu’aux 100 km, sans faire partie des 750 concurrents qui ont abandonné en cours de route.

Un bel exploit, surtout quand on sait que la course attire les meilleurs coureurs, dont cette année le champion du monde et le champion de France du 100 km. Ils sont arrivés respectivement 1er et 2ème de la course de Millau. En un peu plus de sept heures. Il aura fallu 11h39 à Christian Brière, 49 ans, pour terminer le parcours, à la 509ème place. Sur 3.200, rappelons-le ! Jean-Marie Chrétienne, lui, est arrivé à la 832ème place (12h29), Bernard Jouffe, 1.203ème, Gérard Mareau 1.904ème.

S’ils n’ont pas abandonné, c’est aussi parce qu’ils formaient un groupe soudé, parti ensemble avec le minibus communautaire prêté par la Communauté de communes du Pays d’Aubigné. « Une fois sur place, sur le parcours, on se voyait, ou alors on s’appelait avec nos portables, pour savoir comment ça allait, on se motivait », raconte Jean-Marie Chrétienne. « On s’est tous dit qu’on n’avait pas traversé la France pour rien, qu’il fallait aller au bout ». Peu importe le temps, finalement. D’autant que chacun peut choisir son rythme, courir puis marcher quelques kilomètres, reprendre sa course, s’arrêter manger à un stand de ravitaillement, « ou même dormir à l’hôtel pour se reposer, si on veut ! », s’amuse Christian Brière, dont ce n’était pas le but. Il avait d’ailleurs déjà tenté une expérience similaire en participant au 100 km de Lille. « Cela faisait des années que je me disais que je ferai Millau, car ce sont eux qui sont à l’origine de ce type d’épreuve sur 100 km. C’est une course mythique pour les « cent bornards » ! Le circuit est difficile, mais il y a de magnifiques paysages, des petits villages sympas, et il est très bien organisé ». Parole de coureur.

Car Christian Brière est un habitué des courses depuis 25 ans, il a même fait partie des créateurs des Foulées Saint-Aubinoises, il y a près de 20 ans. Un club qui a pris exemple sur celui de Betton, plus ancien, et qui a aussi fait des émules aux alentours. Chasné, Melesse, Chevaigné…., de plus en plus de communes ont leur club de course à pied, tous adhérents à la fédération d’athlétisme, en course hors stade. Ce sont elles qui organisent les quelque 5.000 compétitions ayant lieu en France chaque année !

Un vrai engouement, mais qui connaît aussi ses évolutions. « Quand j’ai commencé à courir, il y a dix ans, se souvient Jean-Marie Chrétienne, 48 ans, chauffeur dans la logistique, c’est parce que j’avais besoin d’aller trottiner pour me détendre, évacuer les soucis. J’ai commencé tout seul, puis j’ai eu envie de rejoindre un groupe, pour travailler différemment, discuter. Tous les mardis soir, on travaille la vitesse sur piste. Le dimanche c’est le jour des sorties en groupe, au bord du canal ou en forêt ». De moins en moins sur route, de plus en plus dans la nature. La course à pied suit l’évolution de la société, où l’on a besoin de retrouver un lien avec son environnement, de respirer le grand air. Un retour à la nature qui se confirme aussi sur les programmes de courses. « Il y a dix ans, il y avait très peu de courses en nature, confirme Christian Brière. Aujourd’hui, c’est 50/50 avec les courses sur route. Il y a plus de « trail » aussi, sur des chemins escarpés. D’ailleurs, la prochaine édition de la course organisée par les Foulées Saint-Aubinoises, en juin 2012, aura lieu en nature ».

« Quand on fait 4 heures,

on peut faire 12h ! »

À Millau, justement, le parcours était complexe, avec des montées, des descentes… Pour s’y préparer, les cinq coureurs ont suivi un entraînement à l’endurance plus qu’à la vitesse. Et aussi participé à d’autres courses (trail, semi-marathon…). « J’ai fait le Marathon Vert de Cap Malo en juin, précise Jean-Marie Chrétienne. C’était mon record de course, environ 4 heures. À la fin, j’avais dit : ne me parlez plus jamais de longue distance ! Et puis finalement, quand on fait 4 heures, on peut faire 12h, ça passe ! « .

Le plus difficile du circuit de Millau, ce n’était donc pas la longueur, mais les changements de rythme. « Il y avait des descentes de 6 km, d’autres de 3 km à 8%. Et on voyait ceux qui remontaient déjà pour le retour. On se dit qu’il va falloir remonter, et en plus cela fait très mal aux jambes car la position n’est pas la même que quand on court sur du plat ». Mais le mal est parti, restent des souvenirs agréables, comme cette image « d’un chapelet de lumières frontales, la nuit, sous le viaduc de Millau », sourit Jean-Marie Chrétienne, qui espère faire des émules dans son club. Peut-être que certains vont se dire « pourquoi pas moi ? ».

Virginie Monvoisin

Pour en savoir plus sur :

– la course à pied en Bretagne : www.courirenbretagne.fr

– la fédération française : www.athle.org

– le 100 km de Millau : www.100kmdemillau.com

Laisser un commentaire

N°143 – Avril-Mai 2014

Lire le dernier numéro

15.000 exemplaires
Édité depuis août 2000

Archives

Infos minute

Délai supplémentaire pour l’enquête auprès des ménages

Une étude pour la mise en place éventuelle d’une Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat (O.P.A.H.) est en cours sur le territoire de la Communauté de…

lire »

L’Espace Info Energie : un service 100% gratuit

Les particuliers qui souhaitent obtenir des informations sur les économies d’énergies et les énergies renouvelables peuvent désormais appeler gratuitement leur espace Info-Energie au 0805 203…

lire »

Un nouveau Programme local de l’Habitat

Après un an de travail et de concertation, le conseil communautaire du 25 février a définitivement approuvé le 2nd Programme local de l’Habitat (PLH) du Val…

lire »

Casting ados

URGENT ! Casting ados Casting ados pour « West Coast », long métrage de Benjamin Weill dont le tournage aura lieu cet été en Bretagne. La production recherche…

lire »

Rencontre de lecteurs

La Communauté de communes du Val d’Ile organise, le 8 février à 15h, à la médiathèque de Melesse, une rencontre de lecteurs pour parler des…

lire »