Histoires de poilus. Les fils Hamon de Melesse

13 novembre 2008

conscritMelesse, quoique loin du front, a vécu au rythme du conflit. Avec 111 morts, des soldats blessés, quelques disparus, la tragédie de la 1ère guerre mondiale a imprimé sa marque dans nos campagnes. Certaines familles ont été plus touchées que d’autres, telle celle des Hamon. Louis Hamon père et Philomène Perrigault, cultivateurs au Cormier, eurent trois fils engagés dans le conflit mondial. Deux mourront au front. C’est leur vécu que nous vous proposons de suivre.

Louis, ”Mort pour la France”

”Si je peut m’en retirer c’est une veine”. Quand Louis Hamon écrit ces lignes à ses parents, le matin du 29 septembre 1917, le jeune soldat de 19 ans ne sait pas qu’un obus va lui ravir sa jeunesse et sa vie le jour même.

Né le 17 août 1897, au Cormier, à Melesse, il passe son conseil de révision à Saint-Aubin-d’Aubigné avec onze autres jeunes Melessiens. Partis tôt le matin avec le drapeau, les futurs conscrits se soumettent à la visite, puis déjeunent dans un café avec le maire, le docteur Michel. Selon la tradition le « bon pour le service » signifiait aussi « bon pour les filles » et le retour à la maison pouvait s’étirer sur plusieurs jours car les conscrits allaient annoncer la nouvelle aux jeunes filles, de ferme en ferme.

Louis Hamon est incorporé au 2ème RI coloniale basé à Brest le 10 janvier 1916, puis appelé comme soldat de 2ème classe en 1917. Pas de chance pour le jeune caporal, car depuis le mois de février, les armées ennemies s’affrontent sur les champs de bataille de la plus tragique des batailles de la Première Guerre : Verdun. Les combats font rage, les bombardements adverses pilonnent les boyaux des tranchées, les avions ennemis explorent nos positions sans être inquiétés par l’aviation française et surtout, les obus toxiques circulent dans les ravins en faisant de nombreuses victimes.

En septembre 1917, Louis Hamon se trouve dans le secteur d’Haudremont et participe au combat des Chambrettes. Le 29, jour fatidique, il rédige deux cartes-lettres, l’une à ses parents, l’autre à l’un de ses frères. Elles révèlent la violence des affrontements, la puissance de feu de l’artillerie allemande, la mort omniprésente, la désolation.

Lettre à ses parents :

« Deux mots aujourd’hui pour vous entretenir de mes nouvelles qui sont bonnes mais mon sort n’est pas fameux, je vous dirais que les boches ont attaqué cette nuit et nous avons resté de 11h à 5 heures sous un bombardement fénoménale et ils n’ont pas réussit à prendre une parcel de terrin mais il y a de la casse et voila 3 jours ils en avaient fait autant et il y a encore des macabé sur la plaine depuis et sa cocote, je vous lassure. Si je peut m’en retirer c’est une veine ».

Lettre à son frère :

 » Je suis en bonne santé mais cette nuit j’ai encore eu de la veine de m’en tirer, Fritch (Fritz) a attaqué… nous ont canardé… mais il y a eu de la casse quand même ; au moment ou je t’écrit il y a encore notre 75 (il s’agit d’un canon) qui est en conversation avec eux et il y en mettre un coup… ».

Louis Hamon croyait en sa bonne étoile, mais la guerre obéit à la loi du plus fort. Un obus lui sera fatal ce 29 septembre 1917.

Il faudra attendre la fin de la guerre pour le regroupement des victimes dans des cimetières militaires. Inhumé le 29 juillet 1921 dans celui de Louvemont, sa dépouille sera transférée dans celui de Bras, près de Verdun, le 19 juillet 1924.La croix de guerre avec étoile de bronze lui a été attribuée en 1920.

Louis-HamonJean-Louis, mort à la guerre

Fils aîné de la famille, il est la deuxième victime des fils Hamon. Cultivateur à Chevaigné, il a 30 ans lorsqu’il est mobilisé. Il décède le 12 juin 1918, à Nouvron Vingré, dans l’Aisne.

François, le survivant

Il sera le seul survivant de la famille Hamon. Né en 1895, domestique agricole, il est incorporé le 18 décembre 1914 dans un bataillon de Chasseurs. Blessé au thorax le 22 juillet 1915, par une balle pénétrante à Barrenkopf, il est évacué. Renvoyé en renfort au front le 6 novembre de la même année, il est à nouveau blessé d’une plaie ouverte à l’épaule en janvier 1916, à Navarrin. Il retourne au combat le 17 avril. En juin, il est sur la ligne de front du Bois Fumin comme coureur, cad porteur de plis entre les lignes, par les boyaux des tranchées, pour suppléer au manque d’agents de liaison ou de communications téléphoniques interrompues par les bombardements. Attaques et contre-attaques se poursuivent sans répit. Le 12 juillet, il défend le fort de Souville, l’un des derniers bastions, à 3 km de Verdun.

Quand il rentre à Melesse à la fin de la guerre, il apprend le décès de son deuxième frère. François épousera Madeleine Dubois qui, elle aussi, a perdu un frère à la guerre en 1915.

Extrait de l’exposition

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