Des pastilles d’iode distribuées en cas d’alerte nucléaire

11 novembre 2013

lhomme-contamine

La rentrée des classes est toujours pleine de surprises, tant pour les enfants que pour les parents. Mais cette année, les parents ont eu droit à une surprise de taille, souvent apportée par les enfants eux-mêmes. Une autorisation parentale de distribution de pastilles d’iode aux élèves demi-pensionnaires et internes en cas d’accident nucléaire.

Cette demande des établissements scolaires n’est que la traduction d’une note préfectorale, cette dernière faisant elle-même suite à une directive interministérielle de 2011. La note préfectorale précise aussi que les maires doivent mettre en place des centres de distribution de pastilles sur leur commune pour le reste de la population (dont les élèves externes).

Mais outre que les adresses de ces centres sont inconnues, beaucoup de questions pratiques jaillissent. En effet, la consigne première en cas de fuite ou accident radioactif est le confinement des personnes. Comment respecter cette consigne si tout un chacun doit se déplacer dans des centres de distribution ? Et comment la population sera-t-elle avertie qu’il y a eu un accident nucléaire et qu’elle doit se rendre dans les centres de distribution ?

Ces pastilles d’iode, classées  »médicaments », ont des dosages différents en fonction de l’âge des personnes et doivent être prises à des horaires très précis en fonction de l’avancée d’un nuage radioactif. Est-ce que tous les membres de la famille devront se rendre au centre de distribution pour recevoir la bonne pastille ? Comment seront gérées les prises en fonction des horaires et surtout comment éviter toute prise excessive qui peut être toxique ?

Une liste exhaustive des questions sur la logistique de distribution de ces pastilles serait longue. Il vaut mieux voir le fond des choses et savoir de quoi et comment elles nous protégeront.

Les pastilles d’iode contiennent de l’iode stable, autrement dit de l’iode non radioactif, qui permet de saturer la glande thyroïde qui utilise l’iode pour ses productions d’hormones, alors même qu’elle en stocke peu. Une fois la thyroïde saturée, elle n’assimilera plus l’iode radioactif 131 d’un nuage radioactif.

Seule la thyroïde serait protégée

Mais lors d’un accident nucléaire, d’autres iodes radioactifs sont émis dans l’air, avec des durées de toxicité totalement différentes. Mesurée en « demi-vie » *, elle est de 2,3 heures pour l’Iode132, de 8 jours pour l’Iode131 mais de 16 millions d’années pour l’Iode129. Et pour avoir une estimation de la durée totale de la toxicité des radionucléides, il faut multiplier la demi-vie par 10 ! D’autre part, les iodes radioactifs ne sont pas les seuls radionucléides émis lors d’un accident nucléaire, mais toute une kyrielle. Et certains organes concentrent un ou plusieurs éléments radioactifs comme le Césium dans le coeur, le Strontium dans les os, le Plutonium dans les poumons…

Les conséquences d’une contamination sont très différentes d’une personne à l’autre, allant de la cataracte jusqu’au cancer, en passant par un vieillissement précoce, une morbidité ou des retards de développement. Les constats faits sur les populations de Tchernobyl montrent que les enfants et les femmes enceintes sont les populations les plus vulnérables.

Les conséquences d’un accident nucléaire seront aussi matérielles. Les maisons contaminées seront inhabitables. Les terres agricoles seront, elles aussi, contaminées et donc impropres à la culture pour des milliers, voire des millions d’années (le Rubidium87 a une « demi-vie » de 48,8 milliards d’années). Devrons-nous subir un Tchernobyl ou Fukushima français avec toutes les destructions et souffrances qui s’en suivent ?

L’association  »Sortir du nucléaire-Pays de Rennes » a réagi officiellement auprès de la Préfecture et de tous les élus d’Ille-et-Vilaine. Elle a interpellé les associations de parents d’élèves en leur proposant de les informer dans le détail, mais aussi de se joindre à elle. En effet, même si nous excluons les problèmes des sites d’extraction de l’uranium, son transport et la gestion des déchets, les risques colossaux sur la santé des populations et son environnement justifient-ils la production nucléaire d’électricité ?

(*) La demi-vie d’un élément radioactif est le temps qui lui est nécessaire pour perdre la moitié de la radioactivité qu’il avait en début de période.

Exercice pratique avec l’Iode 131, soit 8 jours : un lundi, ouvrez un paquet de 1 kg de farine. Le lundi suivant, jetez la moitié du paquet. Et chaque lundi suivant, jetez la moitié de la farine restante dans le paquet. Au bout de combien de semaines votre paquet sera-t-il vide ? Vous pouvez recommencer l’expérience en pensant au Potassium40, dont la demi-vie est de 1,265 milliard d’années…

Association  »Sortir du nucléaire-Pays de Rennes’‘, M.C.E. 81 bd Albert 1er 35200 Rennes. Email : contact@sdn-rennes.org. Site internet : www.sdn-rennes.org

N°143 – Avril-Mai 2014

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