Daniel Cueff, nouveau conseiller régional

9 avril 2010

Daniel-CueffMaire de Langouët et président de la Communauté de communes du Val d’Ille, Daniel Cueff, 55 ans, siège pour la première fois au Conseil régional. Elu de Bretagne Ecologie sur la liste de Jean Yves Le Drian, il a été nommé délégué à l’Eco-FAUR et à l’Etablissement public foncier régional. Interview.

M. Cueff, vous êtes le co-président fondateur de « Bretagne Ecologie », créé le 17 mars 2009, pourquoi avez-vous lancé ce mouvement ?

Tous les adhérents de Bretagne Écologie ont milité avec Europe Ecologie pour les élections européennes, ça nous paraissait extrêmement important qu’il y ait des élus écologistes au Parlement européen. Mais nous savions que, si nous voulions aller plus vite et plus loin dans la prise en compte des questions écologiques en Bretagne, il nous fallait absolument travailler un accord programmatique au premier tour des élections régionales. Parce que nous avions la chance d’avoir un président sortant qui avait un bon bilan, et parce que ce n’est pas entre les deux tours d’une élection que l’on fait une alliance programmatique, on se met d’accord sur un nombre de sièges, pas sur un programme. Nous avons donc invité tous les écologistes à nous rejoindre pour construire un programme d’écologique politique pour la Bretagne. Nous avons mis quatre mois à le travailler, avec le Parti socialiste et le Parti communiste.

Avant de vous engager aux côtés de Jean-Yves Le Drian, vous l’avez soumis à un « grand oral », un exercice atypique ?

Oui, c’est une nouvelle façon de faire de la politique, nous voulions que les négociations programmatiques soient publiques, et non pas confinées dans le secret des cabinets. Donc, nous avons posé des questions publiques pour avoir des réponses publiques de Jean-Yves Le Drian. C’est à partir de là que nous avons lancé, dans les deux mois qui ont suivi, un accord programmatique qui a abouti à la signature d’un contrat d’engagement écologique. Le grand oral, ce n’était pas une finalité, c’était le début de la construction de notre programme.

Quelles sont les grandes lignes de ce programme ?

Nous avons beaucoup travaillé sur la problématique agricole, notamment celle des algues vertes. Nous avons fait venir des experts, nous avons rencontré des élus sur le bassin versant de Saint-Michel-en Grève, la profession agricole… Nous avons ainsi contribué à ce que l’on a appelé « une alliance nouvelle entre les Bretons et leur agriculture », qui est un programme majeur de Jean-Yves Le Drian. Il sera d’ailleurs l’une des priorités du Conseil régional, puisqu’il sera à l’ordre du jour de l’Assemblée régionale de juin.

L’autre problématique importante, c’est l’énergie. La Bretagne est très dépendante de l’extérieur, et en même temps, elle a une ressource d’énergie renouvelable importante, l’une des plus importantes d’Europe. Nous avons donc fait des propositions. Certaines ont été facilement acceptées, comme le développement du programme hydraulien. Nous avons aussi proposé la création d’un service Négawatt, c’est-à-dire d’un établissement public régional d’économie d’énergie, notamment électrique, la mise en place de boucles  énergétiques, qui permettraient à chaque territoire d’atteindre un bon niveau d’autosuffisance énergétique et éviteraient ces fameux pics de consommation…

Vous avez été nommé délégué à l’Eco-FAUR et à la présidence de l’Etablissement public foncier régional. Ce sont des domaines qui vous intéressent particulièrement, de quoi s’agit-il exactement ? 

L’Eco-FAUR est un dispositif que je connais bien. C’est un levier pour amener les communes et communautés de communes à travailler leurs projets d’un point de vue écologique. Il y a aujourd’hui beaucoup d’expériences menées en Bretagne, mais on est quand même loin du compte. Il va donc falloir que l’on prenne une nouvelle dimension. Il ne sera probablement pas nécessaire d’aider quand il s’agit simplement de respecter la législation, notamment la RT 2012, par contre il s’agira d’aider quand on aura des filières de construction beaucoup plus localisées, des filières d’éco-construction, des logiques de développement qui feront appel aux énergies renouvelables… On va sans doute être un peu plus exigeant, avec une vigilance particulière pour le logement social, en ce qui me concerne.

L’Etablissement public foncier régional, c’est une puissance juridique et foncière qui va permettre enfin d’acquérir des terres pour le logement social et également d’acquérir des friches industrielles et commerciales, nombreuses en Bretagne, de manière à les requalifier vers la nouvelle économie, c’est-à-dire l’économie verte.

Ces deux questions font partie de mes combats en tant qu’élu, que ce soit à la commune de Langouët, au Val d’Ille, au sein de l’association BRUDED, dont je suis le co-fondateur. Ce sont des prolongements de mon action. Je vais donc avoir une certaine cohérence dans mon action publique et politique.

Il n’y a jamais eu autant d’élus écologistes au Conseil régional, qu’est-ce que cela vous inspire ?

L’écologie est devenue une question majeure, centrale. C’est un acquis de ces dernières années. Maintenant, on a plus de croyants que de pratiquants. Donc, il va falloir que l’on aille véritablement au cœur de l’action, plus vite, plus loin. C’est ça l’ambition. Mais nous savons bien qu’il ne s’agit pas de décréter pour que ça se réalise, ce n’est pas si simple que ça. Il va y avoir un travail de concertation, une ingénierie à mettre en place, des savoir-faire à détecter, à mettre en synergie… La Bretagne, qui n’a pas un budget considérable, a quand même cette vocation à être le catalyseur d’une politique écologique forte. Nous avons un programme solide et constitué, qui va nous servir de boussole pour travailler…Evidemment, il va y avoir des résistances, des lobbies, des vents contraires, des difficultés de tous ordres, mais moi-même et les cinq autres élus de Bretagne Ecologie, nous avons une expérience de terrain, nous avons eu la chance de pouvoir mettre nos idées en œuvre sur une échelle microscopique. Et passer d’une échelle microscopique à une échelle plus globale, c’est le principe fondateur de l’écologie : « Agir local, penser global ». C’est un challenge pour moi.

Propos recueillis par Joëlle Le Dû

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